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Forum CBD : Votre espace d’échange autour du bien-être naturel

🌿 Introduction

Il y a des endroits où l’on comprend immédiatement que la plante est à sa place.
Aujourd’hui je vous propose d’aller à la rencontre de Pierre Berthet, fondateur de Sauzy CBD, un chanvrier qui cultive son chanvre au cœur du Vercors.
Le Vercors fait partie de ces territoires où la nature impose son rythme…

Entre les reliefs calcaires, les forêts profondes et les champs ouverts sur les montagnes, le paysage impose un rythme plus lent, plus naturel. Ici, la culture du chanvre ne se résume pas à une production : elle s’inscrit dans un environnement vivant, façonné par les saisons et par celles et ceux qui travaillent la terre.

C’est dans ce décor que j’ai pris la direction de La Sauzy, pour aller à la rencontre de Pierre Berthet. Un chanvrier qui fait partie de ces producteurs pour qui la plante ne se regarde pas seulement, elle s’observe, se touche, se respire.

Au milieu de ses rangées de chanvre, on comprend rapidement que derrière chaque fleur se cache une attention particulière portée à la culture et au respect du vivant. Ici, le temps passé au milieu des plantes compte autant que le résultat final.

Avant même de parler variétés, profils aromatiques ou techniques de culture, il y a d’abord une chose qui saute aux yeux : la passion.

Et c’est justement cette passion pour le chanvre, pour la terre et pour ce territoire du Vercors, que je vous propose de découvrir à travers cette rencontre avec Pierre Berthet et La Sauzy CBD.

champ de chanvre sauzy cbd vercors

Question 1

Depuis combien d’années cultivez-vous du chanvre, et qu’est-ce qui vous a motivé à vous lancer dans cette filière en France ?

En 2026, nous entamons notre 4ᵉ année de culture. L’enjeu de lancer cette culture était de sauver de la faillite notre exploitation après 2 ans de développement, à savoir un camping à la ferme, du maraîchage et de l’élevage de chevaux qui n’étaient pas suffisants pour créer un revenu.


Question 2

Quelles génétiques (variétés) privilégiez-vous aujourd’hui dans votre culture, et selon quels critères les sélectionnez-vous (terpènes, rendement, résistance, structure, taux de cannabinoïdes, climat) ?

Nous choisissons des variétés avec de fortes différenciations terpéniques qui respectent les taux légaux. De cette manière, chacun peut trouver son bonheur dans notre gamme.


Question 3

Quels types de culture pratiquez-vous principalement (outdoor, greenhouse, light dep, indoor, permaculture, aquaponie…) et pourquoi avoir choisi cette méthode comme modèle principal ?

Nous produisons en plein champ en biodynamie. La lune nous donne donc un calendrier de travail sur les actions à mener. Nous avons à cœur de faire le meilleur avec de l’ultra local. Nos amendements sont ceux de nos chevaux et de nos poules. Ces méthodes sont économiques et demandent une vraie maîtrise de son environnement.


Question 4

Pouvez-vous décrire vos pratiques en matière de fertilisation et de gestion du sol ? Travaillez-vous en organique, biodynamie, permaculture… ? Quels bénéfices observez-vous ?

Nous travaillons de l’ultra local en organique. Fumier de chevaux , fumier de poule , lombric composte , culture de bactérie endémique, urine , décoction de Presles, décoction consoude… Et beaucoup d’amour parce que le pouvoir de l’intention fait des miracles. Tout est dans la nature et celle-ci se suffit à elle-même tout est une question de temps, de dosage , de timing, de bonne lune.

Par ailleurs on considère que la diversité des mandements est plus importante que l’accumulation en excès.

Question 5

Quelles sont selon vous les étapes les plus déterminantes pour obtenir une fleur de qualité premium (curing, séchage, manucure, récolte au bon timing…) ?

Le séchage lent donne les meilleurs résultats. De même, une fleur rustique presque sauvage se conservera mieux dans le temps, développera plus de terpènes et donnera satisfaction à ceux qui la consomment. Bien sûr, le curing a son importance pour amplifier et homogénéiser l’humidité et les terpènes. Un peu comme un bon vin vieilli en fût de chêne. Le bon timing est un apprentissage en soi et le fruit de l’observation de la plante ainsi que de la maîtrise de son cycle de sénescence.


Question 6

Utilisez-vous une manucure machine ou exclusivement manuelle ? Pourquoi ce choix, et quelles différences observez-vous sur le produit final ?

Nous avons des produits d’exception en manucure 100 % main sur notre gamme Big Bud et des produits plus accessibles 50 % machine / 50 % main. Chacun observera la différence de prix. Une trim machine va poncer la fleur et perdre en trichomes. Néanmoins, le produit est visuellement parfait, souvent ce que recherchent les shops. La trim main permet une conservation méticuleuse de toutes les propriétés de la plante, mais représente un coût non négligeable à l’achat.

Question 7

Comment gérez-vous la pression des parasites et maladies sans compromettre la qualité et la conformité légale du produit final ?

Nous sommes particulièrement touchés par le développement des chenilles qui sont des ravageurs impitoyables. Là encore, aucun traitement et le recours à la nature. L’installation de nids à chauves-souris a fait la différence, ainsi que la persévérance de regarder chaque fleur tous les jours afin de retirer à la main chaque chenille. Un travail de fourmis…


Question 8

Quels outils ou technologies (capteurs, automatisation, contrôle climatique, suivi hygrométrique…) sont devenus indispensables dans votre quotidien de chanvrier ?

Pour optimiser les semis, le rapport VPD (hygrométrie / température) permet d’avoir une croissance optimale. Une fois repiqués, les plants sont arrosés par goutte-à-goutte afin d’économiser les ressources en eau et permettre la distribution équitable des solutions préparées.


Question 9

Quel est selon vous l’état actuel du marché français du CBD/chanvre ? Quelles sont les principales difficultés rencontrées par les producteurs en France (législation, concurrence étrangère, prix, contrôles, distribution…) ?

Le premier frein au développement est une législation de tolérance zéro sur la route n’incitant pas à passer du THC au CBD, tandis que de simples traces de THC suffisent à être condamné sans jamais avoir été sous l’effet d’un stupéfiant. De nombreux consommateurs repassent au THC puisque le risque est le même. Ensuite, le manque de cadre réglementaire de la production à la distribution entretient un flou qui permet à certains de vendre des molécules qui n’ont rien de naturel mais qui procurent des effets, même si ceux-là sont néfastes pour la santé publique. Tout le paradoxe de la législation en place. Les productions françaises ayant rejoint une qualité internationale, les coûts de production restent un frein par rapport aux produits étrangers avantagés par des règles plus souples ou l’emploi de main-d’œuvre à bas coût venant d’Afrique du Nord, notamment en Italie.


Question 10

Comment percevez-vous l’évolution de la réglementation française concernant le chanvre ? Selon vous, quels changements seraient nécessaires pour sécuriser et dynamiser la filière ?

Arrêter de criminaliser un produit dont la mise sur le marché repose sur l’innocuité psychotrope sur l’organisme. Cet amalgame dessert la prévention et augmente les risques sur la santé publique. Amendes, retrait de permis, stigmatisation des consommateurs de CBD pourtant responsables. De nombreux pays européens comme le Luxembourg sont à 1 % de THC. Une harmonisation des règles serait un plus pour ouvrir les productions françaises au marché européen.


Question 11

Travaillez-vous en direct avec des boutiques/plateformes ou passez-vous plutôt par des grossistes ? Qu’est-ce qui influence votre choix de modèle commercial ?

Nous avons fait le choix de nous concentrer sur une distribution vers les magasins spécialisés, les CBD shops, en considérant qu’un professionnel sera plus à même d’orienter le consommateur. Nous distribuons une soixantaine de shops à travers la France dans l’objectif de couvrir l’ensemble du territoire. Cela représente 90 % de notre chiffre d’affaires.

🌿 À découvrir aussi chez Sauzy CBD

Si l’univers des fleurs proposées par Sauzy CBD vous intrigue, je vous invite aussi à jeter un œil à deux autres dégustations que j’ai pu réaliser sur le forum. Deux profils bien différents, mais qui illustrent parfaitement le travail du chanvrier et la richesse aromatique de ses variétés.

Deux fleurs avec leur identité propre, leurs arômes et leur caractère… à découvrir pour compléter l’exploration de la gamme.

Question 12

Quels sont les critères que vous considérez non négociables pour qualifier une fleur comme “haut de gamme” (visuel, densité, trichomes, odeur, terpènes, cure, taux d’humidité, culture, éthique) ?

Une fleur de qualité est avant tout une fleur saine , sans pesticide sans métaux lourds. Cultiver avec une éthique respectant l’environnement , la plante et la santé du consommateur . La trim est faite à la main pour conserver l’ensemble des propriétés de la plante, en retirant chaque grande feuille mais laissant les petites qui sont pleines de trichome. Cette trim laissera apprécier la forme naturelle de celle-ci. Un microscope permet de voir le moment choisi pour la récolte , on constatera le mûrissement du trichome. Translucide , laiteux, ambré, ou brun. La densité indique la bonne conduite de la culture. La puissance de l’odeur doit attaquer les muqueuses et/ou révéler une complexité nouvelle, fruit d’un séchage méticuleux et d’un curing soigné. A la consommation, aucun désagrément doit apparaître et une persistance du goût en bouche peut être un bon indicateur de qualité. Les goûts et les couleurs restent propres à chacun.


Question 13

Avez-vous une approche particulière pour le séchage et le curing (durée, environnement, techniques) et en quoi cela impacte-t-il les arômes et la qualité finale ?

Nous sommes des puristes et pensons que les vieilles méthodes ont fait leurs preuves. Un séchage lent au frais permet aux trichomes de révéler toute leur complexité.


Question 14

Quel rôle accordez-vous aux terpènes dans vos sélections et vos cultures ? Travaillez-vous certaines variétés pour cibler des profils aromatiques précis ?

Oui, chaque espèce est choisie avec soin pour compléter un panel gustatif afin de convenir au plus grand nombre.


Question 15

Quels projets ou évolutions souhaitez-vous développer dans les prochaines années (nouvelles génétiques, nouvelles techniques, collaborations, transformation, extraction, diversification…) ?

Le graal du cultivateur est de développer sa propre génétique. Hélas, la législation reste stricte sur ce sujet, limitant l’expansion du pôle recherche et développement. Les collaborations sont fréquentes mais les secrets bien gardés. Comme il n’existe pas de formation à socle commun, chacun est autodidacte dans le milieu et les apprentissages sont souvent lourds de conséquences, donc dûment mérités.


Question 16

Qu’aimeriez-vous que les consommateurs comprennent mieux concernant votre métier et le travail derrière une fleur de qualité ?

Que le pas cher, c’est trop cher. Que du IKEA ne vaut pas le travail d’un ébéniste. C’est le retour un peu bête que l’on a fréquemment sur les prix. La production agricole reste une activité à haut risque financier et juridique pour cette filière. Le travail a un prix et le respect du vivant également. Rechercher la qualité par le plus bas prix reste une chimère non atteignable. Pour du pas cher, il faut être prêt à s’asseoir sur l’éthique, ce que nous nous refusons de faire pour la santé de nos consommateurs, de la terre et de la biodiversité.

🌿 La Sauzy CBD – Informations

📍 Localisation : Plan-de-Baix, France

📞 Téléphone : 06 59 22 71 78

✉️ Email : contact@fermedelasauzy.fr

🌐 Site internet : https://fermedelasauzy.fr/

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Conclusion

Cette rencontre avec Pierre Berthet montre que Sauzy CBD s’inscrit dans une vision du chanvre profondément liée à son territoire, où le travail de la plante, le respect du vivant et l’ancrage local semblent aller de pair.