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Lors de notre passage chez Apex, nous avons également pris le temps de découvrir l’une de ses fleurs : la Legendary Skunk outdoor.
Mon tarin de Breton s’est penché dessus pour une revue complète : visuel, nez, dégustation au vaporisateur et ressenti.
Je cultive depuis plus de quinze ans maintenant.
J’ai commencé très jeune, un peu partout où c’était possible : guérilla, forêt, bosquets, serres des grands-parents des copains… par passion pure.
Avec le temps, c’est devenu une vraie obsession : comprendre la plante, la sélectionner, l’améliorer.
Après mon BTS, je suis parti en Galice où j’ai cofondé un cannabis social club. Cette expérience m’a permis de passer à une autre échelle : gestion de production, logistique, rigueur professionnelle.
Quand le CBD est arrivé en France, je n’étais pas convaincu. Trop d’incertitudes, peu de qualité aromatique. Puis les génétiques ont évolué, les breeders ont fait un travail énorme, et j’ai goûté des fleurs qui m’ont fait changer d’avis.
Là, j’ai compris qu’il y avait quelque chose à construire ici.
Apex CBD est né de cette envie : vivre de ma passion en développant une culture propre, engagée et qualitative.
Cette deuxième année, j’ai travaillé 21 variétés, dont une dizaine déjà sélectionnées l’année précédente. Et ça change tout.
Retravailler une génétique sur son propre terroir permet d’affiner la sélection. On garde les phénotypes les plus performants en résistance, structure et surtout en profil terpénique.
Aujourd’hui, j’ai des profils aromatiques exclusifs, avec une vraie identité.
Mes critères de sélection :
- Résistance au botrytis
- Structure et développement
- Adaptation au climat
- Signature terpénique (critère numéro un)
Si l’odeur ne raconte rien, je ne garde pas.
La première année, j’ai travaillé sur plus de 600 boutures.
Pour la troisième saison, le sol accueillera une quinzaine de variétés validées et une dizaine de nouvelles génétiques pour continuer la recherche.
Mon modèle principal reste l’outdoor en sol vivant.
J’ai loué un ancien terrain avicole enrichi pendant une quinzaine d’années par une production de poulet bio. C’est un sol riche, structuré, cohérent avec ma vision.
J’ai divisé la parcelle en trois zones distinctes avec des stratégies d’amendement différentes. Ces deux dernières années ont été une vraie phase de recherche et développement : observer comment le sol influence l’expression des terpènes.
Je poursuis également l’indoor pour travailler certaines génétiques différemment et réaliser des cross personnels à partir de variétés sélectionnées.
Le sol est devenu le cœur du projet.
Je travaille en sol vivant, sans labour profond, pour préserver les réseaux mycorhiziens et la structure biologique.
Beaucoup de matière végétale, paillage massif, biodiversité autour des cultures.
Les amendements sont :
- Organiques : pour nourrir la vie microbienne sur le long terme, ce qui apporte de la matière carbonée et azotée.
- Minéraux : pour corriger certains déséquilibres spécifiques
Je travaille beaucoup avec du TCO (thé de compost oxygéné). Cela permet de multiplier bactéries bénéfiques, champignons et protozoaires, et de renforcer la rhizosphère.
L’objectif : créer un système quasi autonome où le sol fonctionne comme un organisme vivant complet.
Tout commence par la génétique et le sol.
Ensuite :
- Timing de récolte précis
- Séchage lent et stable
- Hygrométrie maîtrisée
- Curing progressif
C’est durant le curing que la fleur gagne en profondeur aromatique.
Manuelle pour les fleurs haut de gamme.
La machine va plus vite, mais il faut toujours repasser derrière pour obtenir un rendu optimal.
- Sélection génétique adaptée
- Espacement large pour l’aération
- Sol vivant équilibré
Le TCO renforce l’immunité de la plante.
J’applique également du BTK dès les premiers bourgeons si nécessaire.
- Système d’arrosage automatique via pompe et étang
- Suivi hygrométrique précis au séchage
- Déshumidificateurs
- Matériel d’extraction (qui prend aujourd’hui une place importante dans ma passion)
Il évolue et se structure, mais reste fragile.
La pression des prix est forte. Beaucoup cherchent le moins cher.
Il existe pourtant une vraie demande pour du produit français de qualité.
Le défi est de faire comprendre la différence entre une fleur de caractère cultivée en sol vivant et un produit industriel standardisé.
Elle manque encore de stabilité, de label et de traçabilité claire.
Une limite THC à 1 % serait plus réaliste pour permettre une meilleure expression terpénique.
Il faut surtout un cadre stable et durable pour investir sereinement.
Principalement B2B : shops, bureaux de tabac, revendeurs en ligne.
Je privilégie le contact humain et la transparence.
J’ai également une boutique en ligne pour les particuliers souhaitant commander directement.
Une fleur avec une identité forte.
Signature olfactive marquée, trichomes intacts, taux d’humidité parfait, manucure propre, et surtout une culture saine derrière.
Si elle ne provoque rien à l’ouverture du pochon ou dès les premières dégustations, ce n’est pas du haut de gamme.
Séchage lent, environnement contrôlé, circulation d’air maîtrisée.
Curing progressif, sans précipitation.
Les terpènes sont volatils. Si on va trop vite, on perd tout.
Je n’ouvre pas les poches à l’excès, seulement 5 à 6 fois en 20 jours de façon dégressive.
Central. Absolument central.
Ma philosophie est simple : produire des fleurs saines, biologiques, avec une forte signature terpénique.
L’arôme raconte le sol, la saison, la génétique. C’est l’âme de la plante.
Continuer la sélection et les cross personnels, développer mes propres lignées adaptées à mon terroir.
Investir dans plus de serres, développer le light dep avec assistance lumière et optimiser l’indoor.
Créer également un laboratoire d’extraction dédié.
Que derrière une fleur, il y a un écosystème vivant. Des mois de travail en amont. De la recherche, des essais, des erreurs.
Ce n’est pas juste un produit. C’est un équilibre entre génétique, sol, climat et patience.
Quand on cultive dans cette philosophie-là, on ne cherche pas seulement à produire ou vendre à tout prix.
On cherche à créer quelque chose de cohérent, sain et authentique qui dégage de bonnes sensations et un réel plaisir à la dégustation.
Ce qui ressort de cet échange avec APEX CBD, ce n’est pas seulement une technique de culture.
C’est une philosophie.
Le sol vivant, la sélection minutieuse, le respect des cycles, la recherche permanente… On comprend que derrière chaque récolte, il y a un écosystème réfléchi et une volonté de faire évoluer la qualité française.
Le marché bouge.
Les exigences montent.
La concurrence est rude.
Mais des profils comme celui-ci rappellent une chose essentielle : la valeur d’une fleur ne se mesure pas uniquement au prix affiché, mais à l’histoire qu’elle porte et au travail invisible qu’elle représente.
Sur le Forum CBD, nous continuerons à donner la parole aux producteurs qui construisent, expérimentent et élèvent le niveau.
Parce que soutenir la filière française, ce n’est pas un slogan.
C’est une démarche.
—
Mon Ika
Pour le Forum CBD




Personnellement, ce que je trouve intéressant dans cet échange, c’est le travail autour du sol vivant et la sélection des phénotypes.
On parle souvent de taux de CBD ou de prix au gramme, mais beaucoup moins du travail en amont sur la structure du sol et la signature terpénique.
Vous pensez que ça joue vraiment sur la profondeur aromatique ou c’est surtout une question de génétique ?
Merci beaucoup 🙏
Je pense que le sol vivant et l’un des meilleurs moyens pour sublimer une génétique mais les deux sont liés il n’y a pas l’un sans l’autre.
Le sol vivant en pleine terre extérieur ou serre permet d’accentué certains terpènes d’une variété ou d’un phénotypes et lui donner une vraie signature grace au terroir.